Conseil d’Administration
Un agriculteur profondément attaché à sa terre et à ses racines
À 53 ans, Frédéric Chevalier cumule plus de 30 ans d’agriculture sur la ferme familiale de Monterfil, en plein cœur du pays de Brocéliande.
En GAEC avec son frère jumeau, son épouse et deux jeunes associés depuis huit ans, il incarne une agriculture laitière herbagère, enracinée dans un territoire, dans un troupeau… et dans une histoire familiale forte.
« Mon quotidien, c’est mon troupeau. C’est ça que j’aime, c’est ça qui me passionne, bien avant les réunions. Je suis attaché à ma terre, à mes racines. »
Comme beaucoup, il n’avait pas prévu un parcours d’engagement. Et pourtant : sa première responsabilité aux Jeunes Agriculteurs a commencé… par hasard, le jour où il a été désigné président « au détour d’une soirée ».
De fil en aiguille, il découvre le monde syndical, l’importance du collectif, les mobilisations, les dialogues parfois musclés. Une expérience qui forge et qui rapproche.
« On prend goût à s’investir pour le collectif. On traverse les coups de gueule, les manifs… et on se retrouve parfois à la tête d’un mouvement. »
Son chemin vers la bio : une transition mûrie de longue date
Le passage en bio en 2020 n’est pas un tournant brusque : c’est un cheminement progressif dans la manière de travailler.
Son frère, incommodé par les traitements, commence à remettre en question certaines pratiques. L’exploitation fonctionne déjà en système 85 % herbe, sur des terres peu profondes.
La cohérence technique s’installe avant la conversion administrative.
Puis vient la décision : privilégier les vaches laitières en bio plutôt que l’engraissement conventionnel de porcs.
Représenter la profession : son rôle à la Chambre d’Agriculture
Élu depuis deux mandats, Frédéric rejoint la Chambre d’Agriculture de Bretagne à la demande de Loïc Guines.
Il devient rapidement élu référent territorial sur le pays de Brocéliande, au plus près des réalités de terrain : qualité de l’eau, pression environnementale, relations avec les collectivités, préoccupations des agriculteurs.
« À la Chambre, mon travail, c’est de sentir l’état d’esprit des agriculteurs, d’identifier les problématiques, et d’accompagner les transitions, étape par étape. »
Très attaché aux enjeux de rémunération équitable, il rappelle que les agriculteurs — bio ou conventionnels — ont des devoirs, mais surtout un besoin vital d’être respectés et reconnus.
À la CRAB, il suit de près les installations Jeunes Agriculteurs en bio, les risques de « dé-conversion » et les mouvements de la consommation.
Son engagement dans INTERBIO Bretagne : une continuité naturelle
Pour Frédéric, entrer au Conseil d’Administration d’INTERBIO Bretagne est une suite logique de son mandat à la Chambre.
« À INTERBIO, on rencontre tous les collèges, jusqu’aux consommateurs. On partage une même colonne vertébrale – la bio – mais avec des visions différentes. C’est ça qui est riche. »
Il apprécie particulièrement la pluralité des familles syndicales, la liberté d’expression et la capacité à construire des synergies malgré — ou grâce à — la diversité.
INTERBIO Bretagne joue selon lui un rôle indispensable : celui de passerelle entre les niveaux de la filière, du producteur au distributeur jusqu’au citoyen.
Les enjeux prioritaires de la bio, selon lui
Frédéric identifie deux sujets majeurs :
1️⃣ Le prix et la valeur perçue de la bio
« Il faut qu’on sorte de la tête des consommateurs que la Bio, c’est cher. »
Il met en garde contre la concurrence entre Bio, labels alternatifs et proximité, qui viennent parfois brouiller les messages.
Il invite à remettre de la lumière sur ce que représente réellement l’agriculture biologique : un travail, un savoir-faire, un service rendu à la société.
2️⃣ La transmission : un enjeu crucial et mal compris
Il s’inquiète du message envoyé aux jeunes générations, notamment quand les médias valorisent des repas à 1 € :
« Si on dit aux jeunes que l’alimentation doit coûter 1 €, comment leur faire comprendre que c’est leur santé, leur avenir ? »
Pour lui, redonner du sens au prix, valoriser les producteurs locaux et retisser un lien émotionnel avec l’alimentation sont essentiels.
Sa citation clé
« Faites un truc pour vous et pour la planète : mangez bio ! »
Et son message pour demain, lucide et engagé : « N’importons pas l’alimentation qu’on ne veut pas ! »
Il rappelle que derrière les systèmes importés — soja, maïs d’outre-Atlantique — se cachent des réalités environnementales qu’on refuserait en France.
Un appel à la cohérence, pour aujourd’hui comme pour les générations futures.
👉 Avec sa voix franche, terrienne et profondément ancrée dans la réalité du métier, Frédéric Chevalier apporte à INTERBIO Bretagne une vision précieuse : celle d’une bio pragmatique, exigeante, connectée au terrain, et capable de parler à tous les agriculteurs, quelle que soit leur trajectoire.
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INTERBIO Bretagne rassemble les entreprises, collectivités et structures engagées dans la filière bio. Notre mission : promouvoir et développer la filière bio par la création de synergies permettant d’éveiller, mobiliser et fédérer tous les acteurs bretons.